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Bois-énergie

Vendre du bois de chauffage : le taux d'humidité que la loi impose (et celui qui fait la différence)

JF
Par Julien Ferrand
Publié le 8 juillet 2026

C'est la question qui revient le plus souvent quand je discute avec un producteur de bois de chauffage : « À partir de quel taux d'humidité j'ai le droit de vendre ? » La réponse tient en deux chiffres qu'il ne faut surtout pas confondre — celui qui vous met en règle, et celui qui vous fait gagner de l'argent. Je vous explique la différence, et comment je la vérifie sur le terrain.

Je préfère le dire tout de suite : je ne suis ni juriste ni contrôleur. Ce que je vous donne ici, ce sont les repères que j'utilise en tournée, ceux que je vois écrits dans les cahiers des charges et sur les factures. Pour la lettre exacte d'un texte, votre organisation professionnelle ou la DGCCRF reste la référence. Mais sur le principe, il n'y a pas d'ambiguïté.

Photo à intégrer — humidimètre à cœur affichant un taux sous 20 %

Le chiffre légal : sous 23 % à cœur

Depuis quelques années, le bois de chauffage vendu au grand public ne peut plus être commercialisé comme « sec » ou « prêt à l'emploi » s'il dépasse un certain taux d'humidité à cœur. Le repère que je retrouve partout, c'est moins de 23 %. En dessous, vous êtes dans les clous pour une revente en tant que bois sec ; au-dessus, vous vendez en réalité du bois vert ou du bois en cours de ressuyage, et vous devez l'annoncer comme tel.

Le mot important, c'est « à cœur ». Le texte ne parle pas de la surface d'une bûche, qui grise et sèche vite, mais de son intérieur. Et c'est bien là tout l'enjeu : un client qui reçoit un stère peut parfaitement fendre une bûche devant vous et enfoncer les pointes de son humidimètre au milieu. S'il lit 30 % alors que vous avez vendu du « sec », le litige est légitime, et vous n'avez aucun argument.

Vu sur le terrain. Un producteur me disait vendre « du sec, comme tout le monde », en jugeant à l'œil et au poids. On a fendu cinq bûches d'un même lot : deux étaient sous le seuil, trois nettement au-dessus. Il n'était pas de mauvaise foi — il n'avait simplement jamais mesuré à cœur. Le problème, c'est que son client, lui, mesurait.

Le chiffre qui fait la différence : sous 20 %

Être en règle, c'est une chose. Être bon commercialement, c'en est une autre. Le seuil que je conseille de viser n'est pas le seuil légal, c'est moins de 20 % à cœur. C'est le point à partir duquel on parle d'une combustion propre : le bois prend vite, chauffe fort, encrasse peu le conduit et la vitre de l'insert. C'est aussi le chiffre qui rassure l'acheteur professionnel — le revendeur, la collectivité, le réseau de chaleur — parce qu'il correspond à ce qu'il attend d'un bois-énergie de qualité.

Entre 20 et 23 %, vous êtes légal mais banal. Sous 20 %, vous entrez dans le premium : celui qui livre un bois régulier, mesuré, toujours au rendez-vous, peut se permettre un prix premium et fidéliser. Pour un producteur de bois-énergie, c'est l'angle en or : livrer du vrai sous 20 % toute l'année, c'est en finir avec les refus de livraison. J'en parle en détail dans mon article sur la livraison de bois vraiment sec.

Et 35 % ? Le seuil-repoussoir

À l'autre bout, il y a le chiffre qu'on ne veut jamais voir : autour de 35 %, on est sur du bois qui fume, qui siffle, qui chauffe mal et noircit tout. C'est le taux d'un bois fraîchement fendu ou mal stocké. Un seul stère livré à 35 % à un particulier, et vous perdez le client — et souvent ses voisins avec.

Comment je le mesure, concrètement

La mesure honnête tient en trois gestes. D'abord, on fend la bûche : on ne mesure jamais sur une face déjà exposée, toujours sur le bois qu'on vient de mettre à nu. Ensuite, on plante les pointes de l'humidimètre au cœur, dans le sens du fil. Enfin — et c'est ce qu'on oublie le plus — on répète l'opération sur plusieurs bûches d'un même lot, prises au hasard, y compris en fond de tas.

Pourquoi plusieurs ? Parce que la vraie qualité d'un lot, ce n'est pas son meilleur chiffre, c'est sa régularité. Un tas où le dessus est à 18 % et le fond à 30 % n'est pas un bon lot, c'est un lot dont la moitié va poser problème. Le séchage à l'air libre, soumis à la météo et au tirage, produit souvent cette irrégularité. Un séchage maîtrisé, où l'air passe partout de façon homogène, sert justement à resserrer tout le lot autour de la cible.

Le litige, il naît toujours au même endroit

Quand un client conteste une livraison, ce n'est presque jamais sur le volume — c'est sur l'humidité. Et le point de bascule, c'est son humidimètre, pas le vôtre. D'où ma règle simple : livrez un bois dont vous n'avez pas peur qu'il soit mesuré. Si vous êtes tranquillement sous 20 % à cœur, sur tout le lot, l'humidimètre de l'acheteur devient votre meilleur allié : il confirme votre sérieux au lieu de le contester.

Le vrai levier, ce n'est donc pas de « prouver » un chiffre après coup, c'est de maîtriser le séchage en amont pour que le chiffre soit bon, partout, tout le temps. C'est là qu'un séchoir solaire basse température change la donne : il fait passer un bois vert d'environ 45 % à moins de 20 % sur brut, de façon régulière, sans dépendre d'une belle semaine de beau temps. Le procédé travaille en douceur, entre 25 et 40 °C, ce qui évite les gerces et le tuilage d'un séchage brutal.

Vous voulez livrer sous 20 % sans vous battre avec la météo ?

Le plus utile, c'est de regarder votre cas concret : volume, bâtiment, saison la plus tendue. Quelques minutes suffisent pour savoir où vous en êtes vraiment.

Vérifier l'éligibilité de votre exploitation Une question ? Je réponds sur WhatsApp : +33 7 60 77 77 31

Pour comprendre le fonctionnement du séchage solaire lui-même, étape par étape, je renvoie vers ce guide sur le séchage solaire.